Le Maître d'Armes (Xavier Dorison – Joël Parnotte)

 

Résumé de l'histoire

Au XVIème siècle, le Royaume de France est à la croisée des chemins :

s'ouvrir aux idées nouvelles de la Renaissance ou se refermer sur l'obscurantisme du Moyen-âge.

C'est dans ce contexte de rupture entre deux sociétés que ce récit d'aventure prend vie.

Trois hommes décident de traverser une région montagneuse hostile, le Jura, pour imprimer une Bible à Genève. Leur objectif : vulgariser la Bible Latine et la diffuser en Français pour que le petit peuple puisse s'émanciper des mensonges et du contrôle du clergé et de la noblesse.

 

Scénario de Xavier Dorison

Si la trame de l'histoire est bâtie sur la rivalité mortelle entre deux des protagonistes, on se rend compte que c'est finalement tout le scénario qui est construit sur des oppositions de styles et de valeurs : les protestants progressistes contre les catholiques traditionnels, la force de l'épée contre la rapidité de la rapière, l'honneur des chevaliers contre l'argent des marchands, l'insouciance de la jeunesse contre la sagesse de l'expérience... cette dualité constante est vraiment bien menée.

 

On peut penser que cette lutte entre le bien et le mal est finalement très classique car les gentils sont bien braves et les méchants très cruels. Mais l'originalité du scénario réside dans la présence d'un troisième groupe d'individus, venant casser cette ambivalence.

 

Le récit est bien rythmé entre action et réflexion. Quand un semblant de calme s'instaure dans la mission des héros, on est certain que le répit sera de courte durée et que de nouvelles épreuves surgiront.

Une chose est sûre, on ne s'ennuie pas.

 

Dessin de Joël Parnotte

Le dessin est de très grande qualité. Les décors de montagnes et de forêts nous plongent dans une sombre ambiance, propre à cette chasse à l'homme.

Les personnages assez nombreux ont chacun des traits physiques bien distincts ce qui les rend facilement reconnaissables. Les visages et les attitudes correspondent parfaitement aux caractères. On finit par s'attacher aux personnages et parfois regretter leur sort.

 

Les scènes de combat, très présentes tout au long de l'histoire, sont d'une réelle intensité et d'une rare violence. A certains moments, on pourrait se croire dans un western tant le sang coule à flots. Mais non ! Un seul coup de feu est tiré, et c'est bien des armes blanches qui déversent toute cette hémoglobine !

Les auteurs tiennent à souligner leur association avec un spécialiste des arts martiaux historiques européens.

Et finalement, les combats sont vraiment le point fort de cette BD.

 

Conclusion

Le scénario de Xavier Dorison, original à souhait, suit un rythme endiablé jusqu'à la clôture du récit. L'issue de la mission, entreprise 96 pages plus tôt, ne sera révélée que dans les ultimes cases.

Le dessin de Joël Parnotte, de très bonne qualité, joue d'une perfection martiale pour une épopée aux chorégraphies et scènes de combats impressionnants de réalisme.

Homonyme d'un film chinois de kung-fu, « le Maître d'Armes » ici n'a nul besoin d'un katana pour faire sauter les têtes. Un bon coup d'épée bien placé fera largement l'affaire.

Note: 18/20